Blog de Pierre-Valéry Archassal

Le curé, sa femme et ses enfants...

Depuis la chanson d’Annie Cordy, on sait que la bonne du curé voudrait bien mais ne peut point… La fille du curé, elle en revanche, voulait se marier et elle put le faire avec son père comme témoin !

L’histoire se passe à Saint-Éloi, petite commune du département de la Creuse, le 27 juillet 1813 quand Marguerite Pinchon épouse François Brisebos. On découvre à la lecture de l’acte de mariage que la demoiselle a 18 ans et 9 mois et qu’elle est née le 30 Fructidor an II (soit le 16 septembre 1794), « fille mineure de Pierre François Pinchon, prêtre curé de Noth ».

En allant voir l’acte de naissance de Marguerite, issu des registres de Maisonnisses, on constate que le père est « commissaire nommé par le Conseil général de cette commune pour recevoir les actes destinés à constater les naissances, mariages et décès ». S’agit-il d’un curé ayant prêté serment lors de la Constitution civile du clergé ou est-il devenu curé par la suite ? La réponse se trouve quelques années plus tôt, au printemps 1785 quand apparaît dans les registres paroissiaux de Maisonnisses la signature de Pinchon, vicaire. Son statut change le 27 septembre 1788 où il signe pour la première fois « Pinchon, curé de Maisonnisses ».

Dès l’apparition des registres d’état civil remplaçant les registres paroissiaux, notre curé devient officier public et le 7 Ventôse an II (25 février 1794), il épouse Marie Peronny, une paroissienne de Saint-Hilaire-la-Plaine… Un mariage qui n’était qu’une régularisation puisque le couple avait déjà donné naissance à un petit garçon, Jean Pinchon, le 12 novembre 1793 à Maisonnisses. Et 7 mois seulement après le mariage naîtra Marguerite, la fille du curé qui se mariera en 1813.

Malheureusement, la femme du curé devait mourir une dizaine d’années plus tard, le 25 Floréal an XI (15 mars 1803). Son acte de décès ne mentionne pas son époux, seuls ses parents sont indiqués… et sa profession : domestique. Pas de divorce dans les registres d’état civil, la vindicte populaire avait-elle eu raison de ce couple peu ordinaire ?

Né à Évaux-les-Bains, Pierre François Pinchon avait donc embrassé la carrière religieuse dès son plus jeune âge, était devenu vicaire puis curé, prêta serment au moment de la Révolution, se maria, eut des enfants… tout ceci ne l’ayant pas empêché de poursuivre son sacerdoce comme curé de Noth puis de Moutier-Malcard où il mourut âgé de 86 ans le 25 mars 1840. Et là encore, dans son acte de décès, aucune mention ne rappelle qu’il fut marié

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